\documentclass{article}

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\title{\it La logique propositionnelle de Hilbert}
\author{}
\date{}          

\newcommand{\rouge}[1]{{\color{red}#1}}
\newcommand{\VERT}[1]{{\color{green}#1}}
\newcommand{\bleu}[1]{\textcolor{blue}{$#1$}}
\newcommand{\bl}[1]{\textcolor{blue}{#1}}
\newcommand{\Ra}{\ensuremath{\Rightarrow}}
\newcommand{\et}{\mathop{\&}}
\newcommand{\sh}{\mathop{|}}
\newcommand{\inferTwoLabel}[4]{\bl{
 {#1} \quad 
 \begin{array}{c}
   #2 \hspace{2em} #3\\
   \hline \noalign{\vskip 1pt}#4
  \end{array}}}

\newcommand{\leafLabel}[2]{\bl{
 {#1} \quad
  \begin{array}{c}
  #2
  \end{array} }}

\newcommand{\inferLabel}[3]{\bl{
    {#1} \quad 
    \begin{array}{c}
      #2\\
      \hline \noalign{\vskip 1pt}#3
    \end{array}
  }}


\begin{document}
\maketitle

\section{La logique propositionnelle minimale}

\subsection{La syntaxe}

Il n'y a qu'un \rouge{connecteur} \bleu{\Ra} et des \rouge{variables
  propositionnelles} \bleu{p}, \bleu{q}, \ldots, \bleu{p_1}, \bleu{p_2}, \ldots

Par exemple, les expressions sont \bleu{p}, \bleu{p\Ra q}, \bleu{(p\Ra q) \Ra p}.

On adopte la convention d'\rouge{associativité à droite} à savoir que
\bl{\[p_1 \Ra (p_2 \Ra ... \Ra(p_{n-1} \Ra p_n)...))\]}
s'écrit
\bl{\[p_1 \Ra p_2 \Ra ... \Ra p_{n-1} \Ra p_n\]}


\subsection{La méta-théorie} 
  
  Je choisis comme une méta-théorie, un système logique très
  puissant~: le \rouge{Calcul des Constructions Inductifs}, mécanisé
  dans l'\VERT{assistant de preuve} \rouge{COQ}.
  
  A la fin du cours, on aura une meilleure idée de ce qu'est le Calcul
  des Constructions Inductifs

\subsection{Un peu de ``méta syntaxe''} 
  
\bleu{(p,q :proposition)} signifie ``pour tout \bleu{p} et tout
\bleu{q} qui sont des \rouge{propositions}''

\bleu{Inductive} signifie que l'on définit un concept : 
\VERT{proposition}, \VERT{theorem} par induction.


  \subsection{Le jugement \emph{theorem}} 
  
  En COQ, le \rouge{jugement} \emph{theorem} appliqué à \bleu{p} se note
  \bleu{(theorem ~p)}.

Nous le noterons \bleu{\vdash p} qui signifie que ``\bleu{p} est un
théorème''.

On omet \bleu{\vdash} dans les règles.

  \subsection{Une règle} 
  
  \noindent En logique propositionnelle minimale, il n'y a qu'une règle : le
  \rouge{Modus Ponens}~:

\[\inferTwoLabel{MP}{p\Ra q}{p}{q}\]

\noindent En COQ, MP est une fonction 
\[\bl{(theorem~p\Ra q) \rightarrow (theorem~p) \rightarrow
  (theorem~q)}\] qui prend un objet du type \bleu{theorem~p\Ra q} où
\bleu{p\Ra q} est une proposition
et un objet du type \bleu{theorem~p} où \bleu{p} est une proposition
et fournit un objet du type \bleu{theorem~q}.
\vskip 2 mm
\noindent Plus précisément, c'est une fonction qui prend quelque chose du type
\bleu{p\Ra q} et rend une fonction qui à quelque chose de type
\bleu{p} associe quelque chose de type \bleu{q}.
\vskip 2 mm
\VERT{Mais c'est à peu près la même chose, à une curryfication prés!}

\subsection{Deux axiomes}
Il y a deux axiomes appelés \bleu{K} et \bleu{S}:

\rouge{\hrulefill}\\
$\leafLabel{\VERT{K}:}{\vdash p \Ra q \Ra p}$\\
\rouge{\hrulefill}

et

\rouge{\hrulefill}\\
$\leafLabel{\VERT{S}:}{\vdash (p \Ra q \Ra r) \Ra (p \Ra q) \Ra p \Ra r}$\\
\rouge{\hrulefill}

\VERT{Ne me demandez pas pour l'instant pourquoi ils s'appellent
  \bleu{K} et \bleu{S}~!}

\subsection{Exercice}

Prouver  le lemme \bleu{B: (p \Ra q) \Ra (r \Ra p) \Ra r \Ra q)}.

\subsection{Une règle dérivée : la règle C}

Notre but est de prouver une nouvelle règle applicable qui va nous
simplifier la vie: 

\[\inferLabel{rule\_{C}}{p \Ra q \Ra r}{q \Ra p \Ra r}\]


\subsection{Exercice}

Prouver,  en utilisant le lemme \bleu{B}, le lemme (la règle dérivée)

\[\bl{L: (theorem~q \Ra r) \rightarrow (theorem~p \Ra q) \rightarrow
  (theorem~p \Ra r)}.\]

\subsection{La règle Cut}

La règle \rouge{Cut} ou \rouge{règle de coupure} permet d'utiliser des
théorèmes intermédiaires (des lemmes!) ici \bleu{q}.

\[\inferTwoLabel{rule\_{Cut}}{q \Ra r}{p \Ra q }{p\Ra r}\]


\subsection{Le modèle \{0, 1\}}

Une formule est \rouge{valide classiquement} si elle prend la valeur
\bleu{1} pour l'interprétation de \bleu{\Ra} suivante :
\bl{
\begin{center}
\begin{math}
\begin{array}{c || c | c}
\Ra & 0 & 1\\
\hline\hline
0 & 1 & 1\\
\hline
1 & 0 & 1 
\end{array}
\end{math}
\end{center}
}
et quelles que soient les valeurs prises par les variables
propositionnelles.

\subsection{Exercices}

\begin{enumerate}
\item Montrer que les axiomes $Hilbert_K$ et $Hilbert_S$ sont valides
  classiquement.
  
\item Montrer que la règle MP ``préserve'' les propositions valides
  classiquement. 
  
  En déduire que tous les théorèmes sont valides classiquement.
\item Montrer que la \rouge{formule de Pierce} \bleu{((p\Ra q) \Ra p)
    \Ra p} est valide classiquement.
  \end{enumerate}

\subsection{Incomplétude}

\VERT{La formule de Pierce n'est pas un théorème de la logique minimale.}

La logique minimale est \rouge{incomplète} pour le modèle \{0, 1\}.

Il faut 
\begin{itemize}
\item soit changer de logique, \VERT{logique classique}

\item soit changer de modèles, \VERT{modèles de Kripke}
\end{itemize}
On fera les deux !

\section{La logique propositionnelle intuitionniste}


\subsection{La syntaxe}
Il y a deux nouveaux connecteurs \bleu{\&} et \bleu{\vee}.

\begin{itemize}
\item \bleu{\&} et \bleu{\vee} représentent la conjonction et la
  disjonction.
\end{itemize}

\subsection{Les axiomes pour \bleu{\&} et \bleu{\vee}}
Il y a six axiomes.
\begin{footnotesize}

\rouge{\hrulefill}

$\leafLabel{\VERT{Or0:}}
     {\vdash (p \Ra  r) \Ra  (q \Ra  r) \Ra  (p \vee q) \Ra  r}$

$\leafLabel{\VERT{Or1:}}{\vdash   p \Ra  (p \vee q)}$

$\leafLabel{\VERT{Or2:}}{\vdash    q \Ra  (p \vee q)}$\\
\rouge{\hrulefill}

$\leafLabel{\VERT{And0:}}{\vdash   p \Ra  q \Ra  (p \& q)}$

$\leafLabel{\VERT{And1:}}{\vdash   (p \& q) \Ra  p}$

$\leafLabel{\VERT{And2:}}{\vdash   (p \& q) \Ra  q}$\\
\rouge{\hrulefill}

\end{footnotesize}

\subsection{Quelques conséquences}
\begin{itemize}
\item \bleu{p \vee q ~\Ra~ q \vee p}
\item \bleu{p \vee (q \vee r) ~\Ra~ (p \vee q) \vee r}
\item \bleu{p \vee p ~\Ra~ p}
\item \bleu{(p \Ra q) ~\Ra~ (p \vee r) ~\Ra~ (q \vee r)}
\item \bleu{p \et q ~\Ra~ q \et p}
\item \bleu{p \et (q \et r) ~\Ra~ (p \et q) \et r}
\item \bleu{p \et p ~\Ra~ p}
\item \bleu{(p \Ra q) ~\Ra~ p \et r ~\Ra~ q \et r}
\item \bleu{(p \et q) \vee (p \et r) ~\Ra~ p \et (q \vee r)}
\item \bleu{p \et (q \vee r) ~\Ra~ (p \et q) \vee (p \et r))}
\item \bleu{(p \vee q) \et (p \vee r) ~\Ra~ p \vee (q \et r)}
\item \bleu{p \vee (q \et r) ~\Ra~ (p \vee q) \et (p \vee r)}
\end{itemize}
Et des règles:

$\inferTwoLabel{}{p}{q}{p\et q}$ $\inferTwoLabel{}{p\Ra q}{p\Ra r}{p\Ra
  q\et r}$ $\inferTwoLabel{}{p1 \Ra q1}{p2 \Ra q2}{p1 \et p2 ~\Ra~ q1 \et q2}$

\subsection{Le connecteur False}
Le connecteur \bleu{False} est régi par l'axiome :

\rouge{\hrulefill}

$\leafLabel{\VERT{F:}}{\vdash   False \Ra  p}$

\rouge{\hrulefill}

La négation est \bleu{\neg p \mathop{\VERT{\equiv}} p \Ra False}.

\subsection{Réduire les connecteurs ?}
En logique intuitionniste, \rouge{on ne peut pas réduire les connecteurs} les
uns par rapport aux autres.

Chaque connecteur a sa vie propre.

Il faut donc des axiomes spécifiques pour chaque connecteur (voir
exercice ... dans le livre de van Dalen).

\subsection{La logique intuitionniste et la logique classique}
En logique intuitionniste les formules suivantes ne sont pas des
théorèmes.
\begin{itemize}
\item \bleu{\neg \neg p \Ra p}
\item \bleu{p \vee \neg p}
\item \bleu{(\neg p \Ra \neg q) \Ra q \Ra p} 
\end{itemize}

\subsection{Le tiers exclus}
Le \rouge{tiers exclus} est la proposition \bleu{p \vee \neg p}.

En informatique, considérons la proposition \bleu{Null} à savoir\\
\hspace*{30pt}\VERT{``La variable \bleu{x} est nulle''}\footnote{On
  devrait préciser \VERT{``La variable \bleu{x} vaut  \rouge{toujours} zéro''}}.

Sa négation est \VERT{``La variable \bleu{x} n'est pas
  nulle''}\footnote{\VERT{``La variable \bleu{x} ne vaut
    \rouge{jamais} zéro''}}.

A-t-on \bleu{Null \vee \neg Null} ?

A-t-on une seule manière d'interpréter la négation ?

\subsection{La logique intuitionniste et les preuves}
En logique intuitionniste les preuves sont des \rouge{citoyens de première
classe}.

Une proposition est un théorème si on peut en exhiber une preuve.

Ainsi 
\begin{itemize}
\item d'une preuve de \bleu{\neg{\neg{p}}} on ne peut pas extraire une
  preuve de \bleu{p}.
\item on ne peut pas construire une preuve de \bleu{p \vee \neg{p}},
  car cet objet est construit à partir d'une preuve de \bleu{p} ou
  d'une preuve de \bleu{\neg{p}} \footnote{qu'on ne possède pas quand
    on affirme \bleu{p \vee \neg{p}}}.
\end{itemize}

\vskip 3 mm

  C'est comme construire une maison sur un terrain situé 
  
  \centerline{à Vaise \rouge{ou} à Vénissieux !}

\subsection{La logique intuitionniste et les preuves}

\VERT{Retournons à \bleu{MP}.}

En fait, dans
\[\bl{(theorem~p\Ra q) \rightarrow (theorem~p) \rightarrow
  (theorem~q)}\] 
\bleu{MP} prend une preuve de \bleu{p\Ra q} et
retourne une fonction qui prend une preuve de \bleu{p} et retourne une
preuve de \bleu{q}.

Donc \bleu {(theorem~p\Ra q)} représente le \rouge{type}~\footnote{plutôt que
l'ensemble} des preuves de \bleu{p\Ra q}.

%------------------------------------------------------
\end{document}
% LocalWords:  theorem Cut Ponens Dedekind Cantor Boole Frege proof theory red
% LocalWords:  Millet-Botta TD green Pierce Lalement Dalen Logic Springer Fagin
% LocalWords:  Verlag Gochet Gribomont HERMES Halpern Moses Vardi Reasoning The
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